L’éternel retour…!

Avant il y avait des textes, j’écrivais et mon écriture ne parlait que de moi, elle était moi et j’étais mon écriture. Arrivaient des textes qui depuis 2010 étaient aussi autistes que moi. Tous ces textes semblaient parler de mes combats, de la tristesse de la maladie ou des affres du handicap dans lequel l’isolement m’avait plongé. Ces textes étaient tous marqués du sceau de la mélancolie du temps qui passe, de la beauté des sentiments, de la vérité des rencontres ou de cette chute qui depuis plus d’un an semblait devoir mettre fin à ma vie. Ces textes finalement ne parlaient pas, ils interrogeaient dans une logorrhée amère ce que m’avait fait devenir une route trop circulaire. Ils interrogeaient une douleur et une folie.

Une folie qui manqua de m’emporter, de me tuer, une folie qui m’a sauvé. Au détour d’un mois de février, au détour de cet ultime enfermement volontaire qui finalement m’a libéré, une porte s’est ouverte, un défi est venu à moi et m’a mis au défi, après m’avoir lu, ce défi m’a dit chiche…J’avais peur, je l’avoue, j’avais peur de ne plus pouvoir, de ne plus etre capable de rien. Alors, une voix amie m’a dit si, tu peux, tu as ce qu’il faut en toi pour y arriver. Je l’ai écouté et j’ai accepté le défi, j’y ai été. Et maintenant, il n’y a plus de textes…Parfois il y a de la musique, mais il n’y a plus de ces rendez-vous avec moi meme qui n’ont toujours dit qu’une chose : ta place n’est plus en ce monde.

Maintenant, j’écris ailleurs. J’écris à l’air libre. A pleins poumons, j’écris la vie, j’écris le monde, j’écris les gens. Comme cette fenetre qui un jour s’est ouverte à nouveau au vent de l’existence, mon écriture s’est elle aussi trouvée une raison de revenir à la vie. Elle ne tourne plus en rond jusqu’à la nausée dans des tourments égotiques, elle avance. Elle ne se torture plus dans les méandres des mots d’un soliloque qui ne dit rien, elle partage. Elle se promène dans cette actualité de tous les jours qui est le coeur de nos existences et de fait en fait, de fete en fete, d’initiatives en vie politique, de football en culture elle est devenue messagère. Elle est plus modeste, moins compliquée et prétentieuse. Elle n’est plus dans son corset, elle n’est plus autiste. Elle ne dit plus Monde où es tu je ne te comprendrai jamais, elle dit Monde je suis avec toi et je t’aime !

Je te regarde, je t’écoute et j’ai l’impression de te découvrir, de me découvrir. Et en plus on me paie pour ça, et en plus des gens payent pour lire ça, l’attendent et en sont heureux meme. Et moi aussi ! Mon écriture à trouvé, j’ai trouvé ce que j’aime faire. Ce que j’aime et ce que je sais faire. Et j’ai trouvé. J’ai trouvé finalement la réponse à ces textes, à ces questions qui étaient en moi depuis 2010. Accepter d’etre soi meme et vivre ! Vivre avec ceux qu’on aime, en appréciant ceux qu’on aime et en oubliant les autres.

C’était il y a 24 ans, membre d’une association étudiante, j’avais envoyé un texte à un journal, en plus de la réponse, celui ci m’avait envoyé un courrier personnel me proposant de collaborer avec eux. Etudiant parait-il brillant et à coup sur aussi idiot que vaniteux, la curiosité m’avait poussé à aller visiter la rédaction un peu poussiéreuse d’une petite ville…Elle me parut bien étroite pour ma tete déja si grosse…Aujourd’hui, cette meme rédaction est ce qui m’a sauvé, elle me parait vaste comme le monde…Il faut dire que la vie s’est chargée de me la désenfler ma si grosse tete…!

Ainsi va la vie, les boucles se bouclent…Si tu veux savoir où tu vas, regarde d’où tu viens dit-on…Une autre vie aurait pu commencer là, c’est là qu’elle a choisie de recommencer. Après tant de luttes, de résistances, de chutes et de renaissances, après tant de douleurs et de joies aussi, je suis revenu à ce qui pouvait etre mon point de départ. J’ai encore à payer, le fil sur lequel je marche n’est pas une poutre et encore moins un pont, peut etre, se cassera t’il dès demain, la liberté ça se paye. Mais ce fil aussi mince qu’un cheveu est une route, la mienne…Je suis revenu au début de tout, au premier carrefour. Je reviens. Ne le dit-on pas ? La vie est un éternel retour.

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